L’échec perpétuel

, par Jacques Bouthier

L’échec perpétuel n’est pas un outil tactique d’attaque mais uniquement un moyen tactique de défense pour forcer la nullité de la partie alors que tout est perdu. L’échec perpétuel impose une série de coups obligatoires à l’adversaire qui ne peut pas prendre de fin. A partir de trois fois la même position obtenue, le joueur peut demander la nulle comme il est indiqué dans les règles

Dans cette position, les Blancs sont perdus. Les Noirs menacent de faire échec et mat soit par Dxg2 soit par Td1. Les Blancs ne peuvent se protéger de ces deux menaces simultanément. Les Blancs ne possèdent pas suffisamment de matériel pour mater à leur tour le Roi noir. Il ne reste qu’une solution aux Blancs, harceler le Roi sans cesse et obtenir la nullité de la partie par un échec perpétuel. Dans cet exemple, le Roi noir est en échec et il ne peut s’y soustraire qu’en se déplaçant sur la case h7. La Dame blanche vient en h5 et redonne échec au Roi noir. Celui-ci n’a toujours qu’une seule solution et s’échappe sur la case g8. La Dame blanche revient en e8 pour donner échec. La Dame blanche continuera ce petit aller-retour sur les cases e8 et h5 en donnant échec sans que les noirs puissent y faire quelque chose. C’est un échec perpétuel

Ici encore, les Blancs sont mal en point. Les Noirs possèdent une écrasante supériorité numérique (Dame + Tour + 1 pion contre un Fou + un Cavalier). De plus, les Noirs menacent de mat en un coup de plusieurs façons. Le salut des Blancs réside dans un échec perpétuel possible dans la configuration de la position actuelle. Le Cavalier blanc vient en g6 et fait échec au Roi. Le Cavalier ne peut être pris et le Roi noir n’a qu’une seule case disponible (h7) car la case g8 est battue par le Fou en a2. Après Roi en h7, le Cavalier revient en f8 pour donner un nouvel échec. Le Roi ne peut pas fuir par g6 contrôlé par le Cavalier blanc. Le Roi noir doit se résoudre à revenir sur sa case précédente en h8. Le Cavalier retourne en g6 en donnant une nouvelle fois échec. C’est un échec perpétuel.